
Auteur : Hossein KHORASANI et Mahdi BEYGI
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Résumé : La mise à disposition de territoire et d’installations militaires par des États tiers (États hôtes) pour la conduite d’opérations militaires illégales constitue l’un des défis fondamentaux du droit international contemporain, avec des implications complexes pour la paix et la sécurité internationales. À l’aide d’une méthode descriptive et analytique et en examinant la jurisprudence de la Cour internationale de Justice (CIJ) et la doctrine juridique, cet article explore la responsabilité internationale de l’État tiers et les limites de l’exercice du droit de légitime défense par l’État victime. Les résultats de la recherche indiquent que la qualification juridique du comportement de l’État hôte présente un double spectre : ce comportement peut être évalué au niveau de la « complicité d’un fait internationalement illicite » (sous réserve de l’article 16 du Projet d’articles sur la responsabilité de l’État – ARSIWA), ou, si les opérations atteignent le seuil de gravité requis et que l’élément de consentement est prouvé, il peut être considéré comme un « acte d’agression » indépendant (sur le fondement de l’article 3, alinéa f), de la résolution 3314 de l’Assemblée générale). Concernant la réaction de l’État victime, le droit international a adopté une approche prudente. Le droit de recourir à la force (article 51 de la Charte des Nations Unies) contre un État tiers n’est pas automatique et est strictement encadré par les principes de nécessité, de proportionnalité et les règles du droit international humanitaire (notamment le principe de distinction) ; de sorte que le ciblage des infrastructures civiles et économiques de l’État hôte est absolument interdit. Dans une perspective réaliste, les limitations existantes affaiblissent la dissuasion de l’État victime et, selon cette doctrine, des limitations juridiques strictes créent un « refuge » pour les agresseurs. Par conséquent, le droit inhérent à la légitime défense exige que l’État victime, afin de neutraliser efficacement la menace et de maintenir la dissuasion, soit en droit de détruire les sources logistiques et les bases de soutien sur le territoire de l’État tiers
Mots-clés : Responsabilité des États tiers, complicité dans un acte illicite international, acte d’agression, limites de la légitime défense, bases militaires étrangères
Abstract: The provision of territory and military facilities by third-party (host) states for conducting illegal military operations is one of the fundamental challenges in contemporary international law, carrying complex implications for international peace and security. Using a descriptive-analytical method and examining the jurisprudence of the International Court of Justice (ICJ) and legal doctrine, this article explores the international responsibility of the third state and the limits of exercising the right of self-defense by the victim state. The research findings indicate that the legal characterization of the host state’s conduct possesses a dual spectrum; this conduct can be evaluated at the level of “complicity in an internationally wrongful act” (subject to Article 16 of the Draft Articles on State Responsibility – ARSIWA), or, if the operations reach the required threshold of gravity and the element of consent is proven, it can be considered an independent “act of aggression” (based on Article 3(f) of General Assembly Resolution 3314). Regarding the reaction of the victim state, international law has adopted a conservative approach. The right to use force (Article 51 of the UN Charter) against the third state is not triggered automatically and is strictly bound by the principles of necessity, proportionality, and rules of international humanitarian law (especially the principle of distinction); in such a way that targeting the civilian and economic infrastructure of the host state weakening of the victim state’s deterrence, and according to this doctrine, strict legal limitations result in the creation of a “safe haven” for aggressors; therefore, the inherent right of self-preservation dictates that the victim state, in order to effectively neutralize the threat and maintain deterrence, has the right to destroy the logistical source and facilitating bases in the territory of the third state
Keywords: Third-state responsibility, Complicity in international wrongfulness, Act of aggression, Limitations of self-defense, Foreign military bases

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