
Auteur : Siméon MODUMBANI LIAMBI
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Résumé
Cet article examine un angle mort des études géopolitiques sur la paix et les droits de l’Homme : la gestion des corps et des lieux de sépulture dans les processus de sortie de conflit. À partir de six études de cas couvrant trois décennies de conflits contemporains (Rwanda, Bosnie-Herzégovine, République démocratique du Congo, Palestine, Ukraine et Iran) il démontre que le sort des morts constitue un enjeu central des négociations de paix, un levier de revendication de souveraineté territoriale et un point de tension majeure entre normes universelles et stratégies mémorielles étatiques. L’article analyse les mécanismes juridiques internationaux existants (notamment la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées (2006) et la jurisprudence des cours internationales) et leur application inégale face à l’instrumentalisation politique des cimetières. Il interroge le rôle des organisations internationales (Comité international de la Croix-Rouge, mécanismes onusiens) dans la protection des sépultures et propose une réflexion sur la manière dont une « diplomatie funéraire » (intégrant la restitution des corps, la protection des lieux de sépulture et la reconnaissance des droits mémoriels) pourrait renforcer l’effectivité des processus de consolidation de la paix.
Mots-clés : Sépultures, Disparitions forcées, Justice transitionnelle, Souveraineté mémorielle, Consolidation de la paix
Abstract
This article explores an overlooked dimension of peace and human rights studies: the management of bodies and burial sites in post-conflict contexts. Through six case studies (Rwanda, Bosnia-Herzegovina, Democratic Republic of Congo, Palestine, Ukraine, and Iran), it demonstrates that the fate of the dead is central to peace negotiations, sovereignty claims, and tensions between universal norms and state memorial strategies. The paper analyzes existing international legal mechanisms (such as the 2006 Convention on Enforced Disappearances and international jurisprudence), highlighting their uneven application in the face of political instrumentalization of cemeteries. It examines the role of international organizations (ICRC, UN mechanisms) and proposes the concept of « funerary diplomacy » integrating restitution of bodies, protection of burial sites, and recognition of memorial rights as a means to strengthen peace consolidation processes.
Keywords: Funerary diplomacy, Enforced disappearances, Transitional justice, Sovereignty and memory, Peace consolidation

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